La fresque du Centre Xam Xamle

Pour apprendre et faire apprendre.......... il faut aussi découvrir ou re découvrir l'histoire liée aux hommes et femmes qui ont marqué le Sénégal et l'Afrique en général mais aussi les personnalités qui ont laissé leur empreinte à travers leur lutte contre toutes formes d’oppression, d'esclavage, d'apartheid.....

 

Ces personnalités ont eu lien avec les arts, la culture, la littérature, la photographie, la sculpture, la médecine, l'histoire voire la politique. Le plus difficile a été de choisir car il y aurait encore tant de noms à inscrire sur cette fresque. Les quatre cases portent aussi le nom de grandes femmes noires. 

 

Découvrez ci-après quelques unes de ces personnalités.


Toutes ces biographies sont tirées de Wikipédia ou des sites des personnes concernées.


Kalidou Kasse

Né à Diourbel le 5 octobre 1957, Kalidou Kasse est un artiste plasticien sénégalais, peintre et sculpteur.

Surnommé le « Pinceau du Sahel », il a réussi la prouesse d’être reconnu tant dans son pays qu’à l’extérieur. Partout où il expose, on s’arrache ses œuvres. Il est fondateur de la première et seule école des arts visuels Taggad qui signifie former en wolof. Il est président de l’Association internationale des arts plastiques.

D’origine peule, il évoque dans ses œuvres l’univers paisible et romantique du quotidien des sociétés africaines du Sahel. Ses personnages sont filiformes, de couleurs vives et chatoyantes. Il décrit un monde poétique et enchanteur. A travers sa vie et son œuvre il a su marier et harmoniser l’art pictural occidental avec l’esthétique africaine qu’il a hérité de sa famille de tisserands. Une authenticité qui annonce l’art d’un monde naissant qui n’abandonne pas son passé.

Le travail de Kalidou Kassé exprime la modernité africaine enracinée dans l’histoire sociale du continent. Il confie « Mon passage aux Manufactures des arts décoratifs de Thiès entre 1976 et 1979 m’a permis d’apprendre le mélange des couleurs. Les œuvres de tous les grands peintres sénégalais de cette époque-là ont été tissées sous mes yeux. Pendant deux ans, j’ai pu suivre et analyser l’évolution de leurs techniques ”.

Kalidou Kassé est un touche-à-tout, un boulimique de travail et de créativité. En 1990, il est précurseur en ouvrant une galerie privée, malgré les réticences de beaucoup. Il précise : “Avec Paulane, mon frère d’Art et partenaire dans cette Galerie des Artistes Réunis, nous n’étions pas compris”. Mais la référence au prophète Mahomet qui avait fait l’objet de persécution en son temps m’a donné la force de ne pas être diverti par les critiques de salon et de persévérer dans la voie que je m’étais fixé”. Après la fermeture de cette galerie, il ouvre, en 2000, les Ateliers du Sahel à Dakar.

Aujourd’hui 80 % des artistes Sénégalais ont eu à exposer dans l’une ou l’autre de ses galeries. C’est aussi grâce à Kalidou Kassé qu’a été initié et réalisé le plus grand élan de solidarité en faveur de Alpha Waly Diallo, un artiste plasticien pour lui permettre d’aller se faire soigner en France.

L’art n’étant pas suffisamment soutenu par l’Etat, le combat qu’il mène aujourd’hui en tant que président du comité sénégalais de l’Association Internationale des Arts Plastiques auprès de l’UNESCO, consiste à se donner les moyens de devenir un véritable manager pour pouvoir aider les jeunes en mettant à leur disposition des espaces culturels afin qu’ils puissent donner libre cours à leur créativité qui ne demande qu’à s’exprimer. Pour lui deux mots essentiels : transmition et formation.

Son rêve : Arriver à créer une sorte de “Villa Médicis” où de jeunes artistes pourront vivre et travailler sans se soucier du lendemain pour le rayonnement de l’art africain.

Kalidou Kasse est un peintre magnifique, un expressionniste, ou plutôt un « sur expressionniste » comme le définit Hamidou Dia, « dont le tempérament de feu happe littéralement l’univers extérieur pour le fondre dans le tourbillon de ses touches tout en délicatesse, tout en finesse ».


Amidou Kane

CHEICKH AMIDOU KANE, d’origine peulh, est un haut fonctionnaire et un écrivain sénégalais né à Matam le 3 avril 1928. Après ses études primaires à St Louis et à Dakar, il passe son baccalauréat à Paris et des études d’économie à la Sorbonne tout en collaborant à la revue Esprit et en fréquentant des cercles d’intellectuels.

Il a une carrière politique bien remplie puisqu’à 30 ans il est nommé gouverneur de Thiès. En 1961 il est chef de cabinet du Ministre du Développement et du Plan. Il fut également représentant de l’UNICEF dans de nombreux pays africains, dirigea la Société Dakar-Marine et en 1981, les Industries chimiques du Sénégal. Le 27 mars 1990, sous la présidence de Abdou Diouf (successeur de Léopold Sédar Senghor à la présidence de la République de 1981 à 2000), il est nommé ministre délégué auprès du président de la République, chargé de l'intégration économique africaine.

 

C’est en 1961 qu’est publié son premier livre « L'aventure ambiguë », écrit dès 1952 qui reçoit le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1962. Ce conte teinté d’autobiographie raconte l’histoire d’un émigré africain en Occident y  soulignant le déchirement, le drame du métissage et de la double culture. C’est un récit emblématique de l’expérience coloniale en Afrique. Cet ouvrage montre le dilemme de l’Afrique entre tradition et modernité, l’impossible conciliation de deux cultures qui divergent fondamentalement dans leur écoute du monde et le trouble qui anime toute quête spirituelle authentique. Ce livre est devenu un classique de la littérature africaine où il est étudié dans toutes les écoles. Il a été traduit dans une trentaine de langues et 50 ans après sa publication, il est plus que jamais d'actualité.

 

 

Après plusieurs décennies de silence littéraire, il publie en 1995 « Les Gardiens du temple », qui est une suite de « L'Aventure ambiguë » rapportant de façon très romancée le conflit qui opposa, en 1962, Mamadou Dia (président du Sénégal entre 1957 et 1962) et Léopold Sédar Senghor, deux hommes dont il a été longtemps proche dans des circonstances post-coloniales.

 

Cheikh Hamidou Kan rappelle souvent qu’il « ne fut écrivain qu’à titre accessoire et que c’est grâce au succès de son premier livre qu’il s’est imposé comme une des figures incontournables des Lettres africaines ». Il est étonné que ce livre ait marqué l’esprit de générations d’Africains qui se reconnaissent dans le parcours de son héro Samba Diallo, des berges du fleuve Sénégal aux bancs de l’école française. Dans une interview, Kane parle de la portée universelle de son roman, des heurs et malheurs de l’intellectuel colonisé, de la responsabilité des élites dans la faillite du développement africain, de la « dépossession » identitaire.

 

 

Djibril Tamsir

Djibril Tamsir Niane est né le 9 janvier 1932 à Conakry en Guinée. Il est écrivain et historien, spécialiste de l’histoire du Mandé, (région d’Afrique de l’ouest comprise entre le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et le Sénégal), notamment de l’Empire du Mali - état africain médiéval fondé au XIIIe siècle par Soundiata Keita qui connut son apogée au xive siècle. Il serait à l'origine de la charte du Manden, transcription d’un contenu oral qui préserve et transmet l’histoire, la loi et la littérature de génération en génération dans les sociétés humaines qui n’ont pas de système d’écriture ou qui, dans certaines circonstances, choisissent ou sont contraintes de ne pas l’utiliser.

Il suit ses études d’histoires à l’Université de Bordeaux d’où il sort diplômé d’une licence et un DES en 1959.

Pour son mémoire portant sur l’Empire du Mali, il collecte auprès des griots, notamment Mamadou Kouyaté (griot guinéen du XXIème siècle) des récits de la tradition orale.

C’est à partir de ces recherches qu’il publie, en 1960, Soudjata ou l’épopée mandingue, un poème épique relatant la fondation de l’Empire du Mali par le roi Soundiata Keita au XIIIème, récit qui occupe une place très importante dans la culture ouest-africaine. Il continue par ailleurs d’inspirer de nombreux artistes comme des écrivains, des musiciens ou des cinéastes. Dans ce livre, les paroles qu'il propose sont paroles de griots. Nous apprenons l'histoire de l'Ancêtre du grand Manding, celui qui, par ses exploits, surpassa Alexandre, l'histoire du fils du Buffle, du fils du Lion : Soundjata, " l 'homme aux noms multiples contre qui les sortilèges n'ont rien pu. "

Sous les auspices de l’Unesco, il codirige avec Joseph Ki-Zerbo la publication du volume IV de l’Histoire générale de l’Afrique.

Parmi sa bibliographie, relevons le recueil de nouvelles Méry en 1975 ainsi que deux pièces historiques, Sikasso, ou la Dernière citadelle et Chaka. Djibril Tamsir Niane signe en outre de nombreux manuels scolaires et rend hommage aux histoires traditionnelles de son pays dans les recueils Contes d'hier et d'aujourd'hui (1985) et Contes de Guinée (2006).

Il est également l’auteur de nombreuses pièces de théâtre comme Les fiançailles tragiques. Mais certains de ses écrits lui vaudront de la prison sous le régime de Sékou Touré, puis un exil au Sénégal dans les années 1970.

Il est considéré comme un éminent historien d'Afrique Noire, qui s'est consacré à l'étude de la civilisation noire et à des recherches dans le domaine des sciences sociales.

Djibril Tamsir Niane est le père de Katoucha Niane, l'une des premières mannequins noires internationales, qui publie peu avant sa mort à Paris en 2008, un ouvrage intitulé Dans ma chair où elle révèle avoir subi une excision à l'âge de 9 ans.



Ousmane Sembene

Ousmane Sow est mort à Dakar le 1er décembre 2016, ville où il était né le 10 octobre 1935. Son père était un ancien combattant de la Première guerre mondiale.  Un de ses oncles, frère de sa mère descendante d’une vielle famille de St Louis du Sénégal, a conduit la lutte armée contre la présence coloniale française où il fut tué lors d’une bataille, histoire qui marquera l’œuvre de Ousmane Sow un siècle plus tard.

 

Dès son plus jeune âge, il prend conscience de son gout pour la sculpture. En 1956, après la mort de son père, il poursuit des études de kinésithérapeute en France tout en fréquentant des élèves des Beaux Arts, métier qu’il exercera jusqu’à 50 ans.

De retour au Sénégal il se consacre définitivement à son art. Il met au point une technique qui lui permet de construire de grandes figures. Il crée la série Nouba, dont le peuple vit au Soudan. Ces premières expositions lui valent une reconnaissance rapide et internationale.

 

D’un réalisme appuyé, ces nus suggèrent le mouvement avec justesse. Il s’attache ensuite aux Masaï, éleveurs et guerriers d’Afrique de l’est qui ont réussi à lutter et même quelque fois à vaincre les colons. Puis, dans les années 1990, il sculpte les Peuls en donnant à voir des scènes de la vie quotidienne d’autrefois.

 

En 1999, il choisit de travailler le bronze car « le bronze classique africain est la réplique d'un original vivant, un métal issu de la chair ». Il va collaborer étroitement avec les Ateliers Coubertin. En 10 ans, alors qui sculpte sans modèle, plus de 40 bronzes (dont une vingtaine sont monumentales) sortiront de cette fonderie pour être exposées dans le monde entier, comme « La danseuse aux cheveux courts », le « Lutteur debout » « La mère et l’enfant ». Genève expose en son centre « L’immigré ». Il sculpte Le Générale de Gaule pour le Conseil général des Yvelines, Nelson Mandela - en tenue de gardien qui écarte de la main droite tous les chefs d’états corrompus - siège à la Compagnie Française d'Afrique Occidentale à Sèvres (Hauts-de-Seine). Un bronze de Toussaint L’Ouverture est dans la cour du Musée du Nouveau monde de La Rochelle.

 

Ousmane Sow admire aussi Victor Hugo. Sa statue « L’Homme et l’enfant » est érigée depuis 2003 sur la place des Droits de l’homme à Besançon.

 

En 2013, il est le premier artiste noir à entrer à l’Académie des beaux-arts, le second sous la Coupole après Léopold Sédar Senghor à l’Académie française.

 

Sa vie autant que son œuvre sont profondément ancrées dans son pays. Mais les critiques ont fait de lui, à son insu sans doute, le champion des ennemis de l’art actuel.