GIE ou Groupement d'intérêt économique

Un Groupement d’intérêt économique (GIE), tant au Sénégal qu’en France, est un regroupement d’entreprises préexistantes dont le but est de “faciliter ou de développer l’activité économique de ses membres, d‘améliorer ou d’accroître les résultats de cette activité ». Il permet de se rassembler au sein d’une structure afin de faciliter le développement de sa propre activité économique de manière indépendante en mettant des moyens en commun (financiers et matériels) qui bénéficient au développement de l’activité de chacun des membres. C’est un avantage pour ces derniers car le but est de s’entraider, de partager le matériel et les connaissances nécessaires au développement d’une entreprise. Le GIE permet de mutualiser certaines ressources, de travailler régulièrement ensemble autour des mêmes projets et de bénéficier d’une image collective.

Un GIE a un administrateur, appelé président. Il doit être composé au minimum de 2 associés et il n’y a pas de capital de départ. Le GIE est une forme juridique très prisée au Sénégal.

 

Mise en place du cadre administratif

Partant de cette approche, Terres et Cultures Solidaires (TCS) et son partenaire le Grenier des initiatives locales pour le développement (GILD) se sont retrouvés pour formaliser un projet visant à renforcer par la formation, le partenariat féminin de six GIE des villages de Simal, Djilor, Yayeme et Fimela, afin d’apporter des outils et des connaissances pour accentuer la gouvernance de ces GIE permettant d’optimiser un réel développement économique.

Pour démarrer un cadre administratif rigoureux s’impose avec l’établissement d’une convention de stage et de partenariat avec chacun des GIE. Un règlement intérieur, des bulletins d'inscription, des planning selon les modules, etc. doivent être également établis. S’ajoute la recherche conjointe de financement pour aller jusqu'au bout. Et c’est la synergie entre nos deux associations qui permet ce fantastique travail. 

 


Pourquoi ce projet ?

Ce projet est parti d’un constat exprimé par les stagiaires dès le début de l’action : les femmes des GIE ont l'habitude d'être plus spectatrices qu'actrices car de nombreuses personnes gravitent autour des GIE pour en tirer tous les avantages, alors qu’elles, qui ont travaillé à la production, ne voient aucun bénéfice leur revenir. Celles-ci expliquent, avec amertume, que toutes les formations qu’elles ont reçues sont exclusivement axées sur la conception ou la fabrication des produits mais jamais pour apprendre à gérer une entreprise. Un peu comme si on voulait les laisser dans cette dépendance.

Les femmes espèrent donc changer leur GIE en entreprise dynamique avec une vraie évolution économique. Pour elles c’est un pari complexe car elles sont prises entre plusieurs feux : être femmes au foyer et aussi actrices de développement. Venir en formation et s'engager comme elles le font demande une volonté de fer pour braver les traditions. Bien que certaines (une minorité) soient soutenues par leur conjoint,  les autres doivent faire face à l’opinion de leur entourage, car elles restent avant tout des mères de famille qui doivent répondre à un certain nombre de conventions sociales.

Pour illustrer cette analyse, voici les mots prononcés par Khady Touré, jeune femme chef d'entreprise lors de son interview sur TV5 Monde.

" (…) Et ceux qui sont encore plus marginalisés parmi les jeunes, ce sont les jeunes femmes. Elles sont davantage touchées par la précarité et le sous-emploi. En général, elles ont en plus une faible connaissance de leurs droits socio-économiques. On veut une société démocratique, mais la première cellule sociale, la cellule familiale ne l’est pas. Nous vivons dans une société patriarcale fortement hiérarchisée. Au sein du cercle familial, on attend des femmes qu’elles aient presque une posture de déférence. Il faut qu’elles attendent d’avoir la bénédiction des parents alors qu’en entreprise, on attend des jeunes pro-actifs qui soient capables de s’affirmer, de diriger. A aucun moment, ni les familles, ni les universités, ni les institutions ne les forment à être professionnels. Et les plus handicapées dans ce système, ce sont les jeunes femmes du monde rural.(…)"

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Mais maintenant nous les voyons avancer. Leur engagement dans cette formation n'est pas feint!!! ELLES SONT EN TRAIN de faire évoluer les choses au sein même de leur communauté. Elles ont toutes un même objectif : aller dans une démarche d'entrepreneuriat afin de pouvoir enfin vivre correctement de leur travail pour se positionner en tant qu'actrices A PART ENTIERE du développement de leur territoire. Et tout cela commence avec un projet commun "Les paniers gourmands"

 

Quand les femmes se mettent en marche les résultats sont visibles rapidement.

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