BIRAGO DIOP est un poète écrivain sénégalais connu notamment pour ses rapports avec la négritude. Durant sa vie (1906-1989), il a mis par écrit des contes traditionnels de la littérature orale africaine dont « Les Contes d’Amadou Koumba.  L’anthropologue Roland Colin dira d’ailleurs de lui qu’ « il a ouvert des voies qui mènent à l’Esprit négro-africain ».

Birago Diop naît et grandit à Ouakam/Dakar. Il suit à la fois l'enseignement coranique et l'école française. Puis il étudie la médecine vétérinaire à Toulouse tout en restant à l’écoute des travaux des africanistes. A Paris, il rencontre Leopold Sédar Senghor, Césaire et d’autres noms de la littérature francophone d’Afrique avec qui il s’associe, à la fin des années 1930, au mouvement de la négritude.

Il rentre ensuite en Afrique pour exercer son métier de vétérinaire au Soudan, en Côte d’Ivoire, en Haute-Volta, en Mauritanie.  Au cours de ses voyage, il montre sa prédilection pour la tradition orale des griots, ces conteurs populaires dont il ne cessera jamais d’écouter la voix. Il recueille alors des contes et fables du griot du Saloum Amadou Koumba et les met par écrit dans un premier recueil, publié en 1947.

Son recueil de poèmes « Leurres et lueurs » publié en 1960 est imprégné de culture française et d’une inspiration purement africaine.

Plusieurs de ses œuvres seront reprises par des troupes de théâtre comme Sarzan, Maman Caïman, Les Mamelles et l’Os. Fari l’anesse et autres contes seront adaptés sur les ondes par les élèves de l'École des Arts de Dakar pour l’émission « Antenne aux jeunes », entre 1962 et 1963.

Quelques citations tirées de ses contes sont souvent reprises comme :

L’on ne connait l’utilité des fesses que quand vient l’heure de s’asseoir.

La honte tue plus lentement mais plus sûrement que le fer d’une lance ou que la balle d’un fusil.

Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plait.

L’enfant qui pleure en se faisant mal n’est qu’un enfant, l’enfant qui pleure quand on lui fait mal ne fera pas un homme.

 

Il entame une carrière diplomatique dès 1960 lorsque le président Senghor le nomme ambassadeur du Sénégal à Tunis où il restera en poste jusqu’en 1963. En 1964, il ouvre la clinique vétérinaire du Point E à Dakar (quartier résidentiel jadis connu pour son calme et sa propreté). Bien que ce retour à son premier métier n’entrave pas son exploration de la littérature, il déclarera avoir « cassé sa plume ». Il publiera « La plume raboutée » son premier volume de mémoires qui sera suivi par quatre autres entre 1978 et 1989 année de sa mort à 83 ans.